J'ai beaucoup aimé le principe du film et j'ai trouvé le propos incroyablement contemporain. Techniquement, c'est relativement pauvre (surtout la post-synchro assez horrible), mais le propos du film n'est pas là. J'ai failli piquer une crise à la fin de la fiction, mais heureusement la fin de la fiction n'est pas la fin du film. A quoi bon développer un film sur un tel principe pour finir l'histoire de cette manière ? Quelle est la morale ? Que les blancs et les noirs ne peuvent pas cohabiter et que chacun ferait mieux de rester dans son coin ? J'ai été vraiment déçu par ce choix qui, j'espère ne pas me tromper, ne reflète pas la pensée du réalisateur ni l'objectif du film. Un film à montrer, en tout cas, car il me semble mettre en lumière un problème et des idées encore tout à fait d'actualité de nos jours.
Une expérience sociologique intéressante tout comme les instants de narration de Rouch qui apporte un petit quelque chose.
Seulement j'ai pas été touché par l'histoire de ces lycéens, et il veut confronter les points de vus au maximum mais la raciste est trop peu présente pour permettre cela, par exemple à partir du moment où ils commencent à se mélanger en classe j'aurais bien aimé la voir toute seule, à l'écart ou assis à côté d'un blanc.
L'improvisation se ressent un peu trop par moment aussi, les acteurs se perdent un peu pendant les débats même si on peut pas leur reprocher mais ça participe pour le ressenti et ça perd un peu de force.
J?ai vraiment bien aimé ce film. En général j?apprécie ce mélange entre fiction et documentaire. Le fait de faire participer des gens (pas des acteurs professionnels) à la construction du scénario et de leurs personnages donne une impression de réel souvent plus forte qu?avec des acteurs connus ; La frontière entre la personne et le personnage incarné est floue mais paraît bien mince. Ce qui est étonnant, c?est que Jean Rouch décide de dévoiler son dispositif dès le début du film et que ça fonctionne encore mieux comme ça ( à part la fille blanche ouvertement raciste qui surjoue ). On a quasiment à faire à une expérience sociologique sur le racisme, la ségrégation et les barrières culturelles mais sur le ton léger d?un film de vacances. Tout ça grâce au film qu?ils sont en train de faire ensemble et qui les oblige à se côtoyer et à mieux se connaître. Du coup au début, le thème de la séparation entre Noirs et Blancs est traité frontalement, avec les discussions des Européens d?un côté, les Africains de l?autre, avec son lot de préjugés des deux côtés, puis lorsque les élèves commencent à se fréquenter en dehors des cours, cette question devient secondaire au profit des rapports amoureux et des jeux de séduction. J?ai trouvé ce glissement assez subtil, les questions de couleurs de peau restant présentes mais seulement en arrière-plan.
Un autre moment génial est la projection des images du film devant tous les acteurs. Jean Rouch a réutilisé cette méthode dans « Chronique d?un été » mais en laissant toute la fin du film aux réactions des protagonistes face à leur image. J?aurai bien aimé qu?il refasse ça plutôt que de repartir sur le drame final.
A part ça le personnage d?Elola m?a bien fait rire. Et j?ai bien envie de voir d?autres films de Jean Rouch.
C'est marrant (ou déprimant ?) de voir les jeunes français de l'époque parler un français très convenable par rapport à aujourd'hui (moi le premier, je suis pas en train de faire le Zemmour)
Je suis assez décontenancé: alors que le dispositif me plait énormément (imbrication du vrai et du faux, questionnement des préjugés), les longues plages consacrées à des flirts sans intérêt (sans parler du pseudo drame...)sont vraiment répétitives et rébarbatives.
Aïe, aïe, aïe ... C'est le second film que je vois de Jean Rouch et y a pas à dire, je n'y arrive pas. Après les Maîtres Fous et sa voix-off immonde, didactique et partiale, la Pyramide humaine me fait l'effet d'un pavé dans la mare. Tout repose sur un dispositif de cinéma entre documentaire et fiction (passionnant au demeurant, ce n'est pas la question) sans qu'il ne lui soit jamais apporté aucune chair. Au lieu de ça, un récit convenu, moralisateur, qui enfonce des portes ouvertes sur le complexe racial ... De temps en temps, un beau plan, de temps en temps, un beau regard, mais ça ne suffit pas à racheter un film globalement désincarné et balourd, pour ne pas dire franchement niais.