Ça m'a beaucoup fait penser à du Miyazaki, genre Chihiro, dans ce côté insondable, l'idée d'un imaginaire qui nous échappe, quelque chose de très lointain, évasif.
Et c'est très beau, très pur, quoiqu'un peu autiste mais c'est voulu, la mise en scène est plutôt figée mais ça convient bien. Kore-Eda a l'intelligence de faire durer ses plans (mais vraiment quoi, celui sur le quai de la gare est magnifique, aussi quand elle tient son vélo à la main et le métro qui passe à côté vers le début), pour rendre le tout contemplatif, incertain, en suspens. En suspens car rien n'est manichéen, c'est comme c'est, et finalement il y a peu de réalisateurs qui réussissent avec autant de brio à montrer par de simples paysages, de simples mouvements de personnages en leur sein, ce côté incertain. C'est qu'on a aussi dans Nobody Knows. Et un peu (pas beaucoup mais un peu) dans Tel père tel fils. En fait ces élans formels avec une douce musique qui témoignent d'un quotidien (quotidien toujours un peu original malgré tout chez Kore-Eda, ce n'est pas non plus une banalité morose et chiante qui repose sur rien) c'est ce que j'aime le plus chez lui au fond. Les personnages n'ont jamais des histoires faciles avec lui, mais ils parviennent à respirer au dehors. (et là ça inclut même Still walking )
Il en ressort un épais mystère, quasiment rien n'est expliqué du coup on ne sait jamais, et la fin amplifie ça, mais pas négativement, au contraire.
Après bon... c'est chiant parfois. Mais à revoir.