








Enfin vu! J'ai bien aimé mais pas autant que le Satsuo Yamamoto avec qui il partage des similitudes mais dont le traitement diffère totalement, surtout au niveau de la symbolique des décors.
A un moment du film la jolie actrice regarde une peinture représentant le royaume des morts avec des êtres subissant toutes sortes de sévices cruelles dans un environnement dénué de tout échappatoire.
J'ai l'impression que Nobuo Nakagawa a adapté ce tableau dans le lieu où se déroule l'action :
On a une zone finalement assez étouffante délimité de toute part, de côté un l'océan dominé par d'immenses falaises escarpés, en plein milieu un cimetière, de l'autre la demeure du propriétaire de ces grandes terres agricoles dans laquelle se déroulera l'action, le seul endroit paisible pour la famille est cette maison qui sera détruite dès le départ suite à la mort du père de famille qui a trop de dettes.
Et ça ne s'arrête pas là, contrairement à La Lanterne pivoine où je disais que les décors ne semblait pas avoir de frontière entre eux, ici je me demandais comment la mère et la fille allaient bien pouvoir se dépatouiller de cette cruelle famille bien méchante, mesquine et tyrannique tant l'environnement semble laisser les personnages dans une solitude suicidaire. J'aime beaucoup cette façon dont le cadre intérieur semble écrasé les personnages au point de les rendre minuscules parfois (ce plan où la jeune fille
qui s'est faite violé une seconde fois
est au bout de la pièce où tout semble tellement grand à côté).
C'est quand même dommage alors que le réalisateur nous dépeint une cruauté sèche, où l'on est obligé d'y prendre part s'en espoir d'interruption extérieur avec ces plans séquences qui ne s'arrêtent jamais jusqu'à ce que le bourreau ait enfin l'ascendant sur sa victime, que les apparitions spectrales soient aussi courtes et kitsch (je parle uniquement d'un point de vue sonore, ces sons stridents je peux pas...) et que les plans vraiment horrifiques se résument souvent à : je montre les serpents, plan suivant le visage de la victime/je remontre les serpents.
Le final est vraiment hallucinant par contre c'est un truc de fou, la demeure prend littéralement vie et finit par écraser
cette fois ci au sens propre, littéralement le dernier occupant.
Pour la prochaine soit je regarde Histoire de fantômes japonais soit l'adaptation du Akutagawa avec Nakadai qui a bien l'air de claquer visuellement.
Message éditéTu parles de Illusion of Blood ? Faudrait que je le revois celui-là, je l'avais vu dans une sale copie mais je sais que c'est trouvable en bon état maintenant.
Ah non je faisais allusion à Portrait de l'enfer !
Merci merci pour Illusion of Blood ! C'est vrai que les films sans galerie j'y fais pas trop attention, je le note aussi.
Malgré ça, ça reste superbement filmé, Nakagawa a une parfaite maîtrise des décors intérieurs et de la gestion de leur espace, en plus de ça la photographie est superbe. On retrouve dans ce film cette habitude du réalisateur a nous plonger dans des décors complètement surréaliste même si elle est moins présente que dans Jigoku par exemple. Et je suis plus ou moins tombé amoureux de Yukiko Kuwahara.