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Les Garçons

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Commentaires
04/11/2015 10:42:57
C'est un film qui par sa réalisation est assez lent pourtant on a là des personnages qui vivent à pleine vitesse dans une urgence inexistante. Toute les fois on a droit à des "Dépêche-toi", "On a pas de temps à perdre" alors que rien ne les pressent.
Donc dans leurs paroles mais aussi dans leurs actes, ils parcourent de longue distance, change d'endroit souvent, revienne aux mêmes endroit parfois comme si ils tournaient en rond. Toujours les mêmes larcins, toujours cette argent dépenser le plus vite possible sans ambition sans regard vers le futur, à l'image de toute ces menaces lancées constamment sans jamais être réalisées.

Tout tourne autour de l'argent pourtant personne n'en est le possesseur, il change de main constamment et aucune amitié ne lui résiste, ni les femmes (on aurait pu y penser avec la blonde mais elle est finalement aussi tôt oubliée elle aussi dès lors qu'une autre se présente), et des pseudo-amitié se créaient juste le temps d'en amasser plus.

Ils vivent au jour le jour sans aucun espoir envers l'avenir. "T?en fais pas, une autre guerre va éclater !", comme si c'était leur seul chance de s'en sortir.


Je pense que Accatone m'attend maintenant :bave:
05/01/2018 23:11:51
Il est intéressant ce film parce que (encore plus que dans Le bel Antonio), on y voit clairement les apports conjoints de Pasolini et de Bolognini. Pasolini pour sa charge contre la jeunesse et la société de l'époque qui les retranche dans une oisiveté et une culture de l'argent éphémère et de l'instantané sans penser au lendemain, une jeunesse soucieuse de consumer au jour le jour le peu qu'elle possède, ne faisant cas de rien, ni d'amitié (les connaissances de toujours comme celles d'un soir ne servent in fine qu'à amasser un billet de plus à droite à gauche), ni d'amour (les filles sont oubliées une à une sans remord à la faveur de nouvelles occasions de claquer le-dit billet), ni de travail, donc vraiment une charge violente de Pasolini contre cette société de consommation décadente (comme dit Klael, le "T'en fais pas, une autre guerre va éclater !" qui sonne comme le constat amer d'une voie sans autre issue de secours possible).

Et de l'autre côté y a l'esthétique de Bolognini très lisse et "glamour", le casting composé de femmes toutes plus divines les unes que les autres (Mylène Demongeot... cette beauté quasi juvénile) et la superbe photographie noir et blanc qui fait vraiment honneur à leur plastique, les très beaux plans de Rome et alentours. Ça crée un genre d'ambivalence qui fonctionne plutôt bien.
Sinon bien d'accord avec tout ce que dit Klael qui est très pertinent sur le paradoxe entre l'urgence existentielle dans laquelle évoluent les personnages, et finalement la façon dont le film (= leurs vies) à travers la narration et la mise en scène très lente notamment, n'avance absolument pas de la première à la dernière scène, un peu à l'image du type qui tourne en rond autour d'un arbre croyant s'être perdu.

Après j'ai trouvé qu'à la fin on reste sur un sentiment d'inachevé, comme si ça rendait compte d'un état de fait sans pour autant proposer d'alternative ou de point de vue, des films comme Accatone ou Les Vitelloni portent le même message avec plus de pertinence je trouve. Mais c'est un très très beau film qui vaut de toute manière le détour juste pour le casting féminin ( :hap: ).
06/01/2018 16:04:58
Pour un film "Les garçons", c'est cocasse que le point fort du casting soit côté feminin, alors.
06/01/2018 17:33:30
Oui c'est pas faux, après les titres français souvent... la traduction littérale du titre italien c'est un truc du genre "La nuit des garçons", ou "Nuit de bohème" c'est déjà moins réducteur et plus révélateur de ce dont parle le film.