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L'Amour ouf

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Commentaires
23/10/2024 15:02:49
Avis

J'ai adoré comme j'ai détesté ce film.

Je ne me pose pas beaucoup de question sur les titres des films, mais qu'est-ce que "L'Amour Ouf" est ringard. Tout titre qui use d'éléments de langage appartenant à la jeunesse (TKT, LOL, verlan divers) me révulse avant d'avoir vu la moindre image. Et la bande annonce aperçue au détour d'une publicité présageait le pire : une histoire clichée d'amour impossible, filmé à l'américaine, saupoudrée de violence et de guerre de gang.

Le film ne partait pas gagnant avec ce prologue : travellings nerveux, contre-plongées, lumière stylisée et j'en passe. Ouh-la-la qu'est-ce que ça racole. "Regardez regardez j'ai bossé ma mise en scène !!!!!!!" Et c'est loin d'être fini. J'avais déjà abandonné avant le premier coup de feu.

MAIS. Mais v'là-t-y pas que le film nous met un flash-back d'une heure vingt. C'est la meilleure partie du film. Ici la mise en scène parfois tapageuse qui se veut originale - elle l'est bien - est au service des sentiments amoureux adolescents et c'est bien plus approprié que quand c'est pour nous faire du clip. C'est bon enfant. C'est mignon parce que c'est humain. On croit en leur histoire, peu importe qu'on l'ait déjà vue et revue.

Le retour dans les années 70 fait rêvé. La lumière, les paysages et l'accent du nord. J'ai commencé à croire que je m'étais trompé et que L'Amour Ouf était en réalité un chef-d'œuvre. J'ai particulièrement été conquis par le rapprochement de Clotaire avec les mafieux qui ont quelque chose de sympa malgré leurs gueules de truands. On comprend comment un petit Clotaire pourrait tomber là-dedans. En tout cas pour moi ça marche et c'est mon passage préféré.

Retour au présent et à la réalité. C'est un Clotaire adulte et assez humain qu'on retrouve à sa sortie de prison, quelques moments de beauté avec ses proches. Mais rapidement on rebascule dans la guerre de clan filmée à l'américaine. La coupe déborde lorsque Lellouche se remet à faire du clip (un vrai) sur fond de rap des années 90. C'est... je suppose que les jeunes aiment.

Et là c'est un peu la descente aux enfers pour le spectateur comme pour les personnages. Oui il reste des moments de beauté et d'humanité mais c'est de plus en plus rare et surtout c'est totalement effacé par ce film écrit par un ado de 50 ans pour des ado de 16 ans. C'est super cliché par moment, cette mise en scène qui tapine. Eurk.

Le pire reste la fin. On avait vu Clotaire mourir dans le prologue. Je me demandais ce qui pouvait être pire que de nous donner comme fin le drame de "oh si seulement il avait décroché il ne serait pas mort". C'est du tragique pour ado mais on était là-dedans donc OK. La vrai fin est pire que la présagée...

Coup de théâtre, changement de timeline. Clotaire abandonne son projet de se faire tuer. Jackie se retrouve à se défendre de son ex qui la violente comme un hystérique, à limite la violer dans une cabine téléphonique. ???. Est-ce qu'on peut nous respecter un peu et ne pas nous faire croire que c'est logique que ce gars devienne un psychopathe en l'espace d'une semaine parce qu'il est jaloux ? et ça se finit par un tabassage au combiné jusqu'aux bouts de cervelle (on est maintenant dans Tarantino). Mais pourquoi m'étonné-je ? Toutes les bastonnades du film sont outrancières et durent minimum 15 secondes (et 15 secondes de défonçage de gueule c'est long). C'est pour dire : le jeune Clotaire fait le sensible quand un des copains tire sur un innocent au pistolet, par contre quand il s'agit de défoncer des gens à coup de barre de fer suffisamment pour les rendre tétraplégiques, là grand sang froid de la part du joueur français. MAIS PAR PITIÉ NE TUEZ PERSONNE. Petit cœur va.

Le calvaire continue avec une scène qui m'a semblée interminable où les deux se font un dialogue d'un NIAIS à l'hosto. Pour moi ça fait blablablablabla pendant 10 minutes. Ca chouine dans le pire des pathos "gnagnagna je suis blessée" "gnagnagna je ne savais pas comment faire". ON A COMPRIS.

Epilogue gentillet où Jackie nous sort un "mon copain il fait du karaté d'abord, donc fait gaffe" à son patron. Bref. On n'est plus à ça près.

On dirait que le film a été écrit par deux personnes différentes, que Lellouche a écrit les années 90 quand il avait 19 ans et qu'il a repris le scénar dernièrement pour nous pondre le flashback - bien meilleur film selon moi. Je ne peux en revanche m'empêcher de ressentir du dédain pour le film parce que malgré ses qualités, ça se voit à 8 kilomètres que Lellouche joue à mort dans un style et une mise en scène clinquante et "originale" pour faire le malin. Pardon mais on peut aussi faire sobre.

Dernière note positive : le casting est super bon, le petit Clotaire a la parfaite gueule du sale gamin charismatique et quand il sourit, on voit toute son humanité. Par contre, Civil veut imiter Cassel dans La Haine et il est beau en voyou mais qu'est-ce que son jeu est attendu et cliché. Adèle est l'une des plus belles femmes du monde donc je ne peux la juger sans être biaisé. Les seconds rôles sont géniaux dans l'ensemble, peut-être justement parce qu'ils ne prennent pas trop l'écran non plus.

Breeeef. Mieux que ce que je pensais, il y a de belles choses dans ce film, mais j'ai du mal à éprouver de la sympathie pour un projet qui met dans d'efforts et de moyens pour se rendre "cool", même si je pense que Lellouche ne fait pas ça par vanité. Je pense qu'il croit vraiment faire du grand cinéma.
 
29/10/2024 00:18:25
Avis

Le projet de Gilles Lellouche a indéniablement quelque chose de très attachant. C’est une grande fresque romantique à l’ancienne, mélangeant romance tragique et film de gangster. Le film a un côté un peu anachronique qui fait tout autant son charme que ses limites. D’un côté, on est face à un script clairement daté et franchement rétrograde (notamment dans sa représentation genrée très stéréotypée).

De l’autre, c’est difficile de malgré tout resté impassible face à cet élan de romantisme rétro pur qui est à la fois porté par d’excellents acteurs et une mise en scène généreuse et qui s’autorise plein de folies et d’excentricités. Tout n’est pas toujours nécessaire ou d’un bon goût certain, ça multiplie souvent les ralentis, les plans en caméra embarquée, les travellings bien ampoulés dans une démarche de pure emphase stylistique. Mais quand ça fonctionne, ça fonctionne très bien. Il y a le goût du cinéma, de rendre la chose belle à regarder, d’expérimenter et c’est sublimé dans quelques passages musicaux où l’on sent que Lellouche vient du clip. D’ailleurs la sélection musicale est cool, on sent que le metteur en scène s’est fait plaisir.

Je l’ai mentionné mais le casting est excellent. J’avais peu de doutes sur le talent d’Adèle, plus sur celui de François Civil mais ceux-ci ont été balayés, et Mallory Wanecque et Malik Frikah sont tout aussi bons que leurs versions adultes. Puis on a Chabat dans un rôle de père nuancé qui lui va magnifiquement, Bouchez qui est très juste, Poelvoorde qui se régale en malfrat de pacotille… Sans oublier Quenard et Zadi qu’on semble avoir avant tout choisis pour leur talent comique et le film leur permet de faire leur numéro sans que ça ne jure avec le reste.

J’avoue malgré tout que même si je n’ai pas senti le temps passer durant les 3h du film, j’ai été moins conquis par la seconde partie. Il me semble avoir entendu Lellouche dire que la première adaptait fidèlement l'œuvre de base tandis que la seconde était une invention et je trouve que ça se ressent. Sans dire que ça ne recèle pas de passages plus réussis mais on sent l’ensemble plus vacillant et les persos principaux un peu trop enfermés dans leurs stéréotypes, alors que pour moi le côté naïf de l’écriture fonctionnait à merveille au début. Et si je ne suis pas fondamentalement contre le tour de passe-passe scénaristique qui amène la fin, celle-ci me semble en soi assez facile et un peu décevante quand on regarde tout ce qui la précède. L’avant-dernière scène m’a fait lever les yeux au ciel.

J’ai malgré tout été séduit par l’ensemble, c’est une belle proposition de cinéma à gros budget français.
 
29/10/2024 11:39:17

Gilles Lellouche réalise avec L'Amour ouf un film très ambitieux, où il déclare sa flamme à plusieurs pans de cinéma qui ont bercé sa jeunesse. Du film de gangster à la comédie musicale, de la romance mélodramatique au teen movie, le cinéaste convoque les genres tout en adoptant leurs grands codes esthétiques des décennies antérieures. Il en résulte un côté fourre-tout parfois bancal, balourd - notamment dans ses représentations des sexes - et d'une durée déraisonnable mais débordant de passion et de sincérité. Le casting, qui semble n'être composé que du gratin ultime du cinéma franco-belge, pleinement impliqué dans le projet, assure une solidité à toute épreuve à cet édifice friable mais d'une générosité telle que l'on finit par céder. Avec une délectation certaine.

Message édité
 
29/10/2024 14:20:02

Je me doutais qu'avec ce casting le film fonctionnerait certainement bien en salle mais là je ne m'attendais pas à un tel succès pour une fresque amoureuse de près de 3 heures, surtout sur le jeune public :ouch:

Déjà devant le Joker en terme de B-O ! 

J'écrirais un petit truc quand je le verrais mais pour le moment il faut se pointer une demi-heure à l'avance pour espérer avoir une place dans mon bled :hap:

 
06/11/2024 09:50:56

J'exagère peut-être, mais je trouve le film très américanisé et je ne l'ai pas vraiment apprécié pour ça. J'ai eu l'impression de voir une redite de Paul Thomas Anderson avec des touches de Scorsese, un peu chiant vu que c'est un style trèèèèèèèèèèès peu étonnant. 

Là où je suis plus étonné, c'est que dans Narco les personnages sont des bandeurs des US et en sont assez médiocres, comme s'il y a eu une régression dans le ciné de Lellouche. Ceci dit, j'ai pas revu Narco depuis très longtemps, j'imagine qu'il était déjà bien américanisé.


Dans l'absolu, je trouve que ça fait trop dans le plaisir facile et immédiat. On a les bons effets qui rendent bien, une chanson de Cure qui fonctionnera de toute façon. J'ai passé un bon moment, vraiment, avec Chabat et Leklou dans le même film ç'aurait été difficile autrement, mais quasi sûr que je m'ennuierais ferme si jamais je le revois.

 
06/11/2024 17:57:47
Avis

L'amour ouf est un film à l'image de son auteur. Généreux, ambitieux et passionné ainsi que fragile, tape à l'œil et adulescent. Pour le meilleur (essentiellement durant la première partie 80's) et le pire (sur le final bancal et facile). En résulte une œuvre fleuve qui a le mérite de ne pas ennuyer et mérite tout à fait son succès au BO. Les ingrédients sont intelligemment placés pour divertir le spectateur notamment dans son utilisation d'un casting flamboyant. Le couple star sexy en tête, Alain Chabat et Elodie Bouchez en valeurs sûres pour nous émouvoir avec si peu et enfin Quenard et Zadi pour apporter de l'humour en guest. Pour autant, les véritables révélations sont Mallory Wanecque et surtout Malik Frikah qui volent la vedette et impressionnent notamment dans une très belle séquence de danse. C'est dans ces instants "hors du temps", que Lellouche parvient le mieux à toucher au sublime avec sa mise en scène oscillant entre le clip et l'affèterie. C'est moins inspiré et parfois grossier lorsqu'il reprend les codes du cinéma de Scorsese et on le sent moins à l'aise dans la partie dramatique de la seconde partie.
Je suis peut-être un chouia difficile concernant ce joli divertissement grand public mais je n'ai pas réussi à m'émouvoir de la trajectoire de ce couple. Certainement car les coutures me sautent aux yeux et que je vieillis irrémédiablement. Néanmoins, le spectacle vaut le détour et je ne peux qu'applaudir la carrière de Lellouche qui se retrouve désormais aux commandes de blockbusters français. C'est mérité !
 
06/11/2024 18:19:14

Du coup on peut signaler les conditions de visionnage mais on a perdu le traitement de texte dans les critiques ?

Ce n'est pas le plus important lors de la rédaction ? :hap: