Sans trop spoiler rien que la fin quand l'homme à tout faire annonce à Mimura qu'il a engagé une nouvelle cuisinière je commençais à avoir les larmes aux yeux :p ...
Sinon c'est très proche de Tokyo family dans les thèmes et la réalisation : Yamada traite encore avec beaucoup de naturel de la façon dont il faut vivre pour des personnages laissés pour compte dans une société qu'ils ne reconnaissent plus : dans le précédent ce sont des grands parents qui quittent leur petite village natale pour rendre visite à leurs enfants dans le mouvementé Tokyo où tout le monde est pris par le temps et le stresse du travail... Dans Love and Honor c'est un samourai qui doit faire face après avoir perdu la vue à une société hyper hiérarchisé où le mot d'ordre est l'honneur. Deux époques différentes, mais la même manière de toucher le spectateur, de redonner goût à la vie aux personnages, de leur rendre leur humanité : une jolie jeune femme.
Pierre angulaire de Love and Honor comme Tokyo Family, on a l'impression qu'elle est en arrière plan (surtout quand elle incarne la bonne femme soumise à son mari en début de film, ou qu'elle est introduite très tardivement dans l'autre) alors qu'à mes yeux elle est la pièce centrale du film, le plus beau personnage sans doute. Elle a du caractère, des idées modernes, un sens du sacrifice qui met à l'amende tout sens d'honneur dans le bushido : là où n'importe quel samouraï se serait tué pour action déshonorante, elle va bien au delà de ça.
D'abord l'âme de Mimura sera commandé par l'honneur de servir son clan (dont le chef pourtant voyant ne daigne même pas le regarder) à la fin son âme deviendra amour.
C'était magnifique, optimiste dans la façon de s'émanciper d'un système complètement hypocrite, non sans douleur, mais cette finalité valait le coup.