Les relectures du grand bestiaire monstrueux de la Universal par le Studio Hammer constituent encore, à l’heure actuelle, un édifice de cinéma de genre trop peu investi et choyé. Les deux tauliers que sont Terence Fisher à la réalisation et Christopher Lee en tant qu’acteur ont pris un malin plaisir à réinventer ces figures millénaires à la fin des années cinquante et tout au long de la décennie suivante, avec une série de chefs-d'œuvre qui préservent toute leur dimension transgressive aujourd’hui.
Faisant directement suite à l’éblouissant Horror of Dracula sorti en 1958, Dracula, prince of darkness présente une série de qualités inédites dans la représentation du mythe vampirique à l’écran. La spécificité première du film réside dans son concept : Dracula étant mort, il s’agira de suggérer sa menace latente via un travail du hors-champ sonore et visuel qui rivalise d’ingéniosité.
Couleurs primaires soudainement saturées à l’extrême, brusques bourrasques de vent (on est pas loin de la Maison Usher d’Epstein) zébrant les espaces intérieurs ou travail plus traditionnel mais néanmoins efficace sur les ombres projetées simulent constamment une épée de Damoclès au-dessus du groupe de visiteurs.
Ce qui induit la seconde particularité artistique du projet. Il ne conte pas la traditionnelle rencontre entre un protagoniste unique (Jonathan Harker) et une figuration concrète du Mal, mais bien le clash sanglant entre une brochette de quidams de la haute société, tous plus arrogants les uns que les autres, avec une itération cette fois abstraite, désincarnée, insidieuse du personnage originel de Bram Stoker.
Prince of darkness s’impose par là-même comme un proto-slasher douze ans avant l’Halloween de Carpenter (bien que Black Christmas soit considéré par certains comme le véritable point de départ du genre). Il procure déjà ce plaisir sadique de voir des pantins dénués d'ouverture d'esprit faire preuve de la bêtise la plus crasse et se voir décimer les uns après les autres.
Enfin, et ce n’est pas un spoil étant donné que Christopher Lee trône en haut du casting, le dernier tiers du métrage ressuscitant in fine le comte emprunte évidemment des sentiers narratifs plus balisés. Malgré cela, il n’est pas dénué d’intérêt et emporte l’adhésion par une troisième dimension subversive. Pour la première fois, la teneur érotique du matériau de base explose littéralement à l’écran via des scènes ouvertement sadomasochistes, qui mixent allègrement désir sexuel et pulsions de mort.
Toutes ces facettes achèvent de faire de ce Prince of darkness une incursion totalement à part dans la représentation esthétique et thématique de Dracula au cinéma. A redécouvrir absolument.Message édité
Faisant directement suite à l’éblouissant Horror of Dracula sorti en 1958, Dracula, prince of darkness présente une série de qualités inédites dans la représentation du mythe vampirique à l’écran. La spécificité première du film réside dans son concept : Dracula étant mort, il s’agira de suggérer sa menace latente via un travail du hors-champ sonore et visuel qui rivalise d’ingéniosité.
Couleurs primaires soudainement saturées à l’extrême, brusques bourrasques de vent (on est pas loin de la Maison Usher d’Epstein) zébrant les espaces intérieurs ou travail plus traditionnel mais néanmoins efficace sur les ombres projetées simulent constamment une épée de Damoclès au-dessus du groupe de visiteurs.
Ce qui induit la seconde particularité artistique du projet. Il ne conte pas la traditionnelle rencontre entre un protagoniste unique (Jonathan Harker) et une figuration concrète du Mal, mais bien le clash sanglant entre une brochette de quidams de la haute société, tous plus arrogants les uns que les autres, avec une itération cette fois abstraite, désincarnée, insidieuse du personnage originel de Bram Stoker.
Prince of darkness s’impose par là-même comme un proto-slasher douze ans avant l’Halloween de Carpenter (bien que Black Christmas soit considéré par certains comme le véritable point de départ du genre). Il procure déjà ce plaisir sadique de voir des pantins dénués d'ouverture d'esprit faire preuve de la bêtise la plus crasse et se voir décimer les uns après les autres.
Enfin, et ce n’est pas un spoil étant donné que Christopher Lee trône en haut du casting, le dernier tiers du métrage ressuscitant in fine le comte emprunte évidemment des sentiers narratifs plus balisés. Malgré cela, il n’est pas dénué d’intérêt et emporte l’adhésion par une troisième dimension subversive. Pour la première fois, la teneur érotique du matériau de base explose littéralement à l’écran via des scènes ouvertement sadomasochistes, qui mixent allègrement désir sexuel et pulsions de mort.
Toutes ces facettes achèvent de faire de ce Prince of darkness une incursion totalement à part dans la représentation esthétique et thématique de Dracula au cinéma. A redécouvrir absolument.Message édité