Les méthodes brutales de la police vis-à-vis du banditisme sont clairement montrées comme nécessaires (tortures comprises), les anti-flics sont tous des camés de services complétement abrutis par la drogue.
Sinon, la réalisation clipesque, surdécoupée et pleine d/effets flash me dérange beaucoup.
Le film manque parfois cruellement d/originalité.
A noter que je ne suis pas le seul à dire que c/est un film limite fascisant :
Télé 7 Jours
Philippe Ross
Ultraviolent et parfois moralement douteux dans sa justification de la violence d/Etat
Libération
Didier Péron
(...) Troupe d/élite (...) hachis parementier mental pour tous les nostalgiques des dictatures sud-américaines.
MCinéma.com
Xavier Leherpeur
Le film finit par faire l/apologie de méthodes entièrement résumées dans un adage discutable, pour ne pas dire fascisant, qui veut qu/un bon ennemi soit un ennemi mort.
Chronic/art.com
Jean-Philippe Tessé
(...) cette apologie de la virilité policière aux relents nauséeux (...), est faux-derchement planquée sous des justifications presque rigolotes tant elles sont grossières (la contorsion grotesque pour aller chercher Foucault).
La Croix
Arnaud Swartz
Padilha (le réalisateur) ne concourt-il pas à présenter l/action radicale de la police comme un terrible mais inéluctable recours ?
mouais pas convaincu. les opérations de polices sont plus des expeditions qui tiennent de la vengeance que des opérations efficaces visant a stopper la criminalité.le problème ne vient pas du traffic de drogue mais plutot du pays ou ce n/est pas que les trafiquants qui sont la cause du malaise. mais bel et bien tout le monde y participe.
Voir ce film comme étant fasciste c/est faire la même erreur que 75% de la critique française : c/est-à-dire avoir regardé le film avec son cul.
A aucun moment le film ne justifie quoi que ce soit, il ne fait que montrer. Et les gars du BOPE sont quand même présentées comme de grosses pourritures, faut me dire tout de suite si la toute fin du film vous a donné envie d/applaudir hein ("waouh, trop cools les gars du BOPE").
Enfin, et même si on peut pas vraiment considérer ça comme un véritable argument, je rappelle que le président du jury quand le film a reçu l/Ours d/Or à Berlin était Costa-Gavras. On a connu plus à droite que lui je pense...
Mais bon, dès qu/on a un film ambigu qui explicite pas son propos de façon balourde au surligneur fluo, j/ai l/impression que ça perturbe le petit monde du cinéma français. Et c/est quand même à cause de tous ces abrutis ayant taxé le film de nauséeux que le distributeur est devenu frileux et qu/on s/est retrouvé avec une sortie à 5 copies. Pour un Ours d/Or, c/est pas mal.
Dans ce cas, pourquoi les opérations de la BOPE sont montrées comme efficaces? Chaque fois qu/ils interviennent, ils résolvent une situations chaudes? Chaque fois qu/ils font usage de la torture, celle-ci s/avère être fructueuse... jamais il n/y a torture d/innocent pour dénoncer la faille de ce système. La BOPE sont des enfoirés lorsqu/ils entraînent leurs nouvelles recrues? Oui, mais uniquement le temps de virer tous les dealers qui tentent d/infiltrer le système. Résultat des courses : Grâce à ces méthodes de formation, ces techniques d/arrestation ou d/interrogatoire musclées, la BOPE est présentée comme hyper efficace et surtout comme un organe propre et intègre. Bref la solution parfaite pour s/opposer au monde de la drogue.
Le truc c/est qu/à aucun moment il ne montre ça comme "la solution parfaite". Le film est un état des lieux d/une situation complexe, dans laquelle la corruption rend vaine toute action policière. Et Padilhas décrit comment l/émergence d/une force de frappe ultra-violente telle que le BOPE apparait comme la réponse logique ("apparait" et pas "ne peut être que"), et cautionnée par l/Etat, qui ne fait qu/alimenter une spirale de violence. Ce qu/il nous montre, c/est qu/il n/y a pas de solution réelle, c/est un constat d/échec. Et en cela le film est terriblement effrayant.
Enfin je sais pas, rien que toute l/histoire autour de l/arrivée du Pape et le "nettoyage" qui doit en découler est suffisamment éloquente je pense, à aucun moment le film ne cautionne ça.
Depuis, j/ai revu mon interprétation au sujet de ce film. Le fait que l/histoire soit racontée par un membre de la BOPE explique le fait que l/on voit cet organe de sécurité comme un organe efficace, incorruptible, ne commettant jamais de bavure policière. Car évidemment, étant donné que le narrateur en fait partie, on perd toute notion d/objectivité au sujet de cette police répressive.
Bon... le problème c/est que du coup, j/aime moins ce film.
L/idée d/être face à un long-métrage prônant des valeurs d/extrêmes droites concernant la politique de sécurité me plaisait bien.