Ridicule, ces scandales à deux ronds ne découragent en tout cas pas des acteurs comme Winstlet et Tiberlake de se faire mousser dans un grâând film hôllywoodien, ni les gens respectables d'aller voir le résultat et d'en dire du bien. Avant qu'il n'en soit réduit à tourner sans budget avec un équipe d'amateurs en Roumanie, il y'aura de l'eau de coulée sous les ponts.
Je ne donne pas deux ans avant que Weinstein ne produise le nouveau Allen.
J’ai d’abord été marqué par le visuel. La collaboration Allen/Storaro fait ici des merveilles et s’efforce de recréer une ambiance de studio classico-hollywoodienne du plus bel effet. Storaro m’a vraiment fait penser à son travail sur One From The Heart avec ces éclairages ultra marqués et ces ambiances d’intérieur aux couleurs vives, alternant le rouge et le bleu. Ça fait partie de ce qu’il y a de plus esthétisant et de moins “réaliste” chez Allen mais en tout cas c’est rafraîchissant d’avoir un tel visuel, surtout que ça colle pas mal au sujet qui parle de rêve finalement. Il y a d’ailleurs un jeu sur l'alternance entre les teintes ternes et les couleurs vives qui marchent super bien lors de quelques scènes clés. On voit Woody sortir un peu de sa zone de confort dans ses choix de mise en scène, ses mouvements de caméra. Et le côté théâtral n’a jamais été aussi présent (sans que ce soit un problème), je ne sais pas si ça vient de la configuration des décors, de la manière de filmer ou des dialogues en particulier mais ça m’a vraiment marqué.
Sinon, Woody ne surprend pas forcément dans son sujet et son histoire, il se rapproche beaucoup de La Rose Pourpre du Caire mais avec une protagoniste beaucoup plus névrosée qui renverrait plutôt à Blue Jasmine. Ça met un peu de temps à se mettre en place, on reconnaît pas mal d’éléments récurrents du cinéma d’Allen et on se demande un peu où tout ça mène. Mais quand l’étau se resserre, Woody rappelle qu’il est un grand homme de tragédie et qu’il n’a pas son pareil pour mettre en scène des personnages qui s’autodétruisent en poursuivant quelque chose qui leur a échappé depuis bien longtemps. Il y a une magnifique opposition entre l’aigreur d’une Kate Winslet au bord de l’explosion et une Juno Temple innocente malgré sa vie trouble, deux actrices encore une fois sublimées par la caméra du cinéaste (et par ce splendide jeu de couleurs, j’insiste). C’est au personnage de Timberlake que j’ai le moins adhéré, sans le trouver mauvais mais disons que cet archétype me laisse de plus en plus indifférent et je ne vois pas trop ce qui justifiait son rôle de narrateur. Et il y a un double caméo qui devrait faire plaisir aux fans des Sopranos
Avec ce film, je me pose la question de la nécessité, pour un réalisateur, de se renouveler... Le film était très bien mis en scène, mais est-ce normal de le deviner au bout de 15 minutes ?