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La Roue

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Commentaires
22/10/2019 23:01:15
Le film tel que projeté récemment au festival Lumière sera diffusé en deux fois sur Arte les 28 octobre et 4 novembre prochain (à des heures :sleep: ...). Ce qui est intéressant c'est qu'il sera disponible sur le site d'arte pendant 2 semaines à partir du 28, de quoi s'organiser un peu pour voir tout ça.Message édité
 
23/10/2019 21:11:55
Je l'avais vu ici pour ma part :
https://www.youtube.com/watch?v=kGAqG6mMjO8
 
23/10/2019 21:55:29
Sauf erreur, la version présentée fait 7h30 donc ce n'est carrément pas le même film :o)) .
 
23/10/2019 22:18:23
Exact, ils ont reconstitués la version de la première du film en 1923, alors que la version de 4h30 est un remontage plus tardif.Message édité
 
28/10/2019 23:53:51
Partie 1 à 00h35 sur Arte (et le film est sur le site jusqu'au 11 novembre)
 
29/10/2019 08:29:41
J'avais attendu plusieurs années dans l'attente d'une éventuelle restauration comme celle ci pour le voir. Et elle sort quelques mois après que je me sois "résigné" à voir la version de 4h30 :hum:
 
07/07/2020 16:53:24

La version d'origine de 8h sort enfin en DVD.

Un article du Monde à son sujet.

 
30/01/2024 01:08:16

Et la roue tourne... 

 
27/01/2025 17:33:38

Message édité

 
27/01/2025 22:48:11

Zering a écrit :

Message édité



J'avais quelques appréhensions aussi avant de le lancer, parce que, n'ayant encore jamais vu de film de Gance, ce que je savais de lui venait surtout de la communication autour de la ressortie de Napoléon, sa démesure, etc. qui me rend curieux tout en me faisant aussi un peu peur, parce que je suis loin de fantasmer la figure de Napoléon et que les histoires de gigantisme de batailles, de sagas interminables et tout ça j'ai plutôt tendance à m'en méfier. De La Roue je n'avais entendu que des retours relativement proches, axés principalement autour de la durée du film et des impressionnantes séquences de train, si bien que j'imaginais un film semi-"expérimental" où le montage fou de la machine prendrait au moins autant de place que le récit, depuis une certaine idée de l'épate mêlée aux influences des avant-gardes françaises dont Gance était contemporain. 

En fait, le film peut justifier ce type de retours tout en étant très loin de tout ça. Certes les séquences de train sont d'une vivacité étonnante, notamment l'accident du prologue, mais aussi une autre un peu plus tard où, sans trop en dire, la locomotive accélère progressivement et le découpage avec elle. Mais ces "scènes d'action" surviennent seulement deux ou trois fois dans le film, et sont chaque fois tendues en direction du drame qui se joue, qui est un mélodrame familial d'une amplitude extraordinaire et qui me semble être quand même le cœur du film (que l'on dévoie donc un peu en ne parlant que du montage accéléré du train, si bluffant soit-il). Je dis que c'est d'une extraordinaire amplitude, mais ce qui m'a surpris c'est que c'est en même temps une petite histoire, avec peu de personnages (trois principaux, un périphérique et un dernier qui est plutôt une figure récurrente, souvent comique les diverses locomotives, la chèvre et le chien), relativement peu d'enjeux dramatiques au regard des 6h56 totales, mais ces enjeux sont chaque fois étirés ou renflés de l'intérieur, ils s'étendent sur une durée qui prend la mesure de toute l'ampleur émotionnelle d'un événement, il y a une façon de monter en sauce le moindre détail, de l'étaler dans le temps et dans l'espace, presque de l'ériger en monument, qui m'a fait penser au style de H. Melville en littérature. D'ailleurs les quelques intertitres narratifs sont souvent écrits dans un style ampoulé, qui laisse à penser que Gance aurait pu être un écrivain médiocre, mais qu'il est parvenu à quelque chose de très fort en cinéma de cette tentation grandiloquente. Ici l'ouvrier comme sa machine (ses machines successives), comme Norma, comme Elie, comme les deux maisons aussi (dont l'espace est rendu avec une densité extraordinaire) ont quelque chose de monumental, oui, ils atteignent une dimension de mythe primitif - et ce pas du tout par des procédés comme ceux d'Eisenstein, par exemple, mais vraiment par une force qui vient de l'intérieur du drame et que le film fait sortir et déploie jusqu'à une envergure cosmogonique, qui met en jeu les énergies terrestres (incendie, coups de vents, froid glacial, crevasses et sommets montagneux...), technologiques (le train, donc) et passionnelles dans une forme d'égale considération pour cet ensemble qui fait tourner la "roue du destin". 

Mais bon, en le disant ainsi ça semble encore très boursouflé, alors que le film fait vraiment quelque chose de son ambition presque gloutonne en rapport avec la relative modestie du sujet (je dis "relative" parce qu'il y a quand même des sacrifices, des trahisons et des mensonges à un niveau existentiel, et la mort qui rode, mais ça aurait pu donner un film d'1h30 nettement plus sobre).

Et, si ça peut te rassurer, une bonne partie du film ne se déroule pas au bord des rails mais dans les hautes montagnes (avec un rapport au train plus lointain). Quant à la durée, pour ma part je l'ai regardé en plusieurs fois. Le film est chapitré en un prologue et quatre "époques", ça peut permettre de découper des visionnages, je trouve que ça se prête plutôt bien à un format épisodique aussi (dans mon expérience j'ai apprécié être accompagné plusieurs jours par le film). Et tous les "arcs" sont puissants et émouvants, je ne vois pas de moments qui seraient plus faibles ou potentiellement ennuyeux.

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