Ah franchement les gars, je peux comprendre pourquoi certaines personnes le trouvent génial, mais moi je suis un peu passé à côté du message du film. Peut-être parce que je suis pas tout à fait d'accord avec le message de l'histoire (même si la dernière scène est vraiment bien je trouve).
Donc, pas de grosse note de ma part. Dommage, j'avais vraiment bien aimé Tuer!
Ce Ken est la conclusion idéale pour sa trilogie du sabre, sorte de finalisation de tous les thèmes abordés dans son Tuer! , La lame diabolique et Shinsengumi.
Il reprend son personnage emblématique du jeune adolescent (toujours campé par le brio Ichikawa) cherchant sa place dans une époque révolue et qu'il a du mal à comprendre, dans ses précédents une époque charnière qui marque la fin des Tokugawa (avec différentes thématiques comme les racines qui définissent le statut social d'un individu et sa difficulté à s'intégrer etc...) ici on est dans la modernité, à notre époque, quoi de mieux que de traiter de la difficulté du passage à la vie adulte et du rapport à la culture occidentale comme continuité à son cinéma ?
Alors oui il y a diverses confrontations philosophiques entres les personnages et de régimes de vie comme le souligne Oldsoul plus haut, mais ce qui m'a le plus surpris, c'est la place de la femme dans ce film.
Pour ses rares apparitions je trouve qu'elle symbolise très clairement cette vision du futur, de l'adulte et par extension, de la modernité et de l'occidentalisation que le personnage principal ne cesse de fuir.
Peut-être est-ce l'époque moderne qui me plait, mais dans Kiru ou Ken ki la femme n'a pas tout cette dimension je trouve, elle a un caractère véritablement tragique, une famille où le personnage pourrait se poser sans véritablement quitter sa condition. Ici elle est clairement le symbole de tout un futur qui effraie l'adolescent.
Concernant la réalisation, c'est du Kenji Misumi plutôt sobre, le noir et blanc est magnifique (le plan du début avec ce gosse qui se fait avaler par le soleil, c'est somptueux), c'est plus lent qu'a l'accoutumé, la caméra est moins libre, mais le type nous bombarde toujours de plans au cadrage impeccable, avec cette composition (une des meilleures de sa filmo?) qui fait aussi mal qu'un coup de sabre.
J'ai pas été aussi conquis que je l'aurais voulu, j'ai largement préféré Kiru qui est pour moi son meilleur film, mais d'un point de vue symbolique, c'est sans doute l'aboutissement de toutes les thématiques qu'il traite depuis ses débuts.
Un très bon film (et même si on remercie infiniment les dvd Wild Side pour nous faciliter l'accès à ces films en France, je trouve dommage de pas avoir de noirs assez profond pour rendre justice à la photographie dans l'édition dvd).
En plus, j'ai lu un bout du Soleil et de l'acier de Mishima, alors ça rend la lecture du personnage principale plus passionnante et ça augmente l'effet de fascination de ces longues scènes d'entraînement.
Et Misumi m'étonne qu'il soit à la fois capable de faire des grands films de décors naturels (Le Sabre) tout comme des grands films de studio (Baby Cart)