Bah le film c'est qd même l'histoire d'un gars qui rate sa carrière de Dj, et on ne sous entend jamais que c'est peut être parce qu'il était tout simplement pas très bon.
Parce que ce genre de soirée t'en trouves toutes les semaines à paris, donc l'excuse: "c'est passé de mode, aujourd'hui faut faire du david guetta ou de la minimale" ça tient pas la route pour moi.
Ce qui me soule c'est pas forcément que le film ne soit pas véridique historiquement (après tout il y avait sans doute quelques soirées garages à Paris dans les années 90), mais qu'elle veut faire croire que c'était la musique branchée de l'époque, et qu'elle est représentative d'une génération. Quelqu'un de totalement novice qui regarde le film va avoir une image faussée de ce mouvement musicale, et de l'histoire du clubbing à Paris, et je trouve ça dommage.
Ahahaha c'est bien vrai ça, il est surtout décrit comme le mec qui passe à côté de sa carrière. Mais justement, je pense que le parallèle avec Inside Llewyn Davis est pertinent, Davis/Van Ronk est-il un mauvais musicien ? Les Coen répondent que là n'est pas la question, il n'a juste pas fait les bons choix de carrière ni les bonnes rencontres et Hansen-Love fait un peu le même portrait, si il est passé à côté de sa carrière c'est un concours de circonstances, c'est pas le talent mais plusieurs décisions ont fait que sur les centaines de DJ en vogue à cette époque, certains ont percé et d'autres non, tout n'a pas à voir avec le talent mais Sven a fait parti de la deuxième catégorie.
Pour les soirées garages, je pense que y a pas lieu de remettre ça en cause, sans être un expert je vois vraiment pas quel est l'interêt de l'inventer. Mais pour l'image faussée du début du millénaire c'est peut être aussi simplement leurs souvenirs qui sont faussés par le fait qu'il n'est plus dans le milieu et qu'il revit ça avec une certaine nostalgie et que forcément la rigueur historique n'est peut-etre pas tout le temps la.
Dernière chose, ça vaut ce que ça vaut mais j'ai entendu dire que Pedro Winter et Thomas Bangalter avaient trouvé le film très juste mais je saurais pas te dire si c'est le pur argument commercial/on attaque pas le film des potes ou si ils valident vraiment ça.
Je ne dis pas qu'ils ont inventé quoi que ce soit, juste que dans l'intention le film se présente comme le portrait d'une génération, qui au final n'existe pas, je trouve ça un peu gênant quoi, parce que je suis persuadé que la house et la garage n'étaient pas en vogue à cette époque sur la scène parisienne.
Et ça rejoint le problème du film que je pointe: elle est en décalage avec son sujet - elle essaye à la fois de décrire l'histoire d'un mouvement musical (sans en avoir l'ampleur scénaristique et la pertinence historique) et faire le portrait d'un artiste qui passe à côté de sa carrière. Tu parles de mauvais choix et de concours de circonstances, mais je suis désolé, ça n'est jamais montré dans le film qui choisi de totalement éluder les péripéties et les enjeux dramatiques pour se concentrer sur des petites séquences de copains-copines sans grand intérêt.
Privilège de la vieillesse, je te fais confiance la-dessus
Mais justement, je n'y vois pas une tentative de décrire l'histoire d'un mouvement musical ou d'une génération mais de montrer la vie tumultueuse et l'évolution d'un homme à travers ce courant musical et justement ces séquences de copains-copines comme tu les appelles forment à mes yeux des péripéties et des enjeux dramatiques qui font que ce film est profondément porté sur l'humain avec en fond les soirées house plutot que l'histoire de la house à travers les yeux d'un dj raté.
D'ailleurs, il y a dans le film des moments ou cette histoire musicale est mise de coté pour laisser une place à l'évolution du personnage. Après j'essaie de prendre le film comme il est c'est à dire une sorte de portrait de la montée et la déchéance d'un musicien) sans trop me préoccuper de toutes ces incohérences que tu relèves parce qu'au final je pense qu'on s'en fout ou au moins que c'est secondaire.
Perso j'ai pas senti que le film voulait faire le portrait d'une génération, c'est que sur le portrait de Paul / Sven, de ces relations sentimentales et musicales.
D'ailleurs pour ce que ça vaut, Hansen-Love dit elle-même que ce n'est absolument pas son but. L'optique du film est vraiment de montrer le parcours de ce DJ qui a quand même un part fictive (elle l'a répété plusieurs fois que tout ce que fait Paul ne se voulait pas authentique) et que la seule manière pour elle de tenter de faire le portrait de ce mouvement c'était en faisant une mini-série pour Canal mais que vu la manière dont le film avait été écrit et une galère à financer cette idée avait été écartée avant le début du tournage.
Pas le portrait d'une génération ? Si tu lis les interview de la réalisatrice tu te rendras compte que cela faisait partie de son projet, et je pense qu'elle passe à côté.
Quant au portrait du Dj, il est beaucoup trop édifiant. A quoi se résume sa déchéance au final ? La drogue, l'argent, les filles, pour au final se rendre compte, quand il est au fond du trou, que la musique et les soirées c'est plus son truc ? C'est trop facile, et déjà vu mille fois, dans ce cas là, quel intérêt de faire un film dans ce milieu là pour véhiculer toujours les mêmes clichés, tout en racontant des histoires de copains et de cul ? J'aimerai bien savoir ce que vous trouvez d'original là dedans.
Pour en revenir à ma critique au niveau de la pertinence historique, juste pour préciser ma pensée parce qu'en me relisant c'est vrai que je n'ai pas été très clair, je voulais pointer le fait que l'événement majeur à Paris pendant toutes les années 90 était la French Touch (Daft Punk, Cassius etc.), et que le film n'en parle pas du tout, pour se concentrer sur un événement majeur aux US et en Angleterre (la House et le Garage), et minoritaire dans la capitale, pour ensuite le présenter comme un film sur la French Touch, et d'une génération. Je sais que Mia Hansen Love a beaucoup fréquenté ce genre de soirée (Respects, Cheers), mais ce n'est en rien représentatif de ce qu'il se passait à l'époque, et j'y vois une sorte de naïveté, sinon de méconnaissance du mouvement.
Je lis absolument partout que le film parle de l?émergence de la French Touch à Paris, je suis perplexe. Lien
Il suffit de regarder la B.O. du film, parce qu'à part deux morceaux des Daft Punk, il n'y a pas de French Touch (c'est simple, c'est que des artistes américains), peut être que quelqu'un s'y connaissant mieux que moi dans cette musique pourrait éclairer ma lanterne, parce que je suis perdu là
Parce que ce genre de soirée t'en trouves toutes les semaines à paris, donc l'excuse: "c'est passé de mode, aujourd'hui faut faire du david guetta ou de la minimale" ça tient pas la route pour moi.
Ce qui me soule c'est pas forcément que le film ne soit pas véridique historiquement (après tout il y avait sans doute quelques soirées garages à Paris dans les années 90), mais qu'elle veut faire croire que c'était la musique branchée de l'époque, et qu'elle est représentative d'une génération. Quelqu'un de totalement novice qui regarde le film va avoir une image faussée de ce mouvement musicale, et de l'histoire du clubbing à Paris, et je trouve ça dommage.