Pour ne pas utiliser de mots qui fâchent, je dirai que c'est très naïf à tous les étages.
La mise en scène m'a pas paru particulièrement effroyable, mais plutôt terriblement moyenne et fade, avec des morceaux de bravoure qui dissonent plus qu'ils n'élèvent le reste. Et puis les violons ont la fâcheuse tendance d'arriver au moment où on les attend le plus, mais bon, pourquoi pas.
Ensuite pour le scénario, l'articulation globale aurait pu me plaire vu qu'en général, j'aime assez quand on imbrique des temporalités entre elles. Sauf que l'idée est sabotée par une multitude de séquences inutiles à la compréhension de l'intrigue : c'est excessivement méticuleux sur la gestation et le déroulement de l'enquête, mais ça n'influe en rien sur l'investissement émotionnel du spectateur, la seule chose qui compte finalement pour ce genre de film.
Mais surtout, c'est la (non-)histoire d'amour qui m'a le plus gêné. Encore une fois, théoriquement, c'était du pain béni pour mon coeur d'artichaut (coucou Before Sunset), mais là je n'y ai pas cru un seul instant. Les dialogues entre les deux sont très niais, très écrits, toujours dans la métaphore filée, dans la joliesse creuse, jamais dans le concret et le prosaïque, dans les choses vraies et maladroites que se disent deux amants. Un amour de cinéma en somme, sous respirateur artificiel du début à la fin.