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Pandemonium

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Commentaires
18/11/2017 03:20:25
Le tag a bien sa place sur cette fiche, le perso joué par Nakamura est un des 47 rônin. Au passage, le film est basé sur la pièce Kamikakete Sango Taisetsu.Message édité
18/11/2017 09:40:35
Je viens de lire le résumé, j'avais oublié a quel point ce film était nihiliste :rire:
Merci pour la clarification en tout cas.
07/04/2020 21:09:14

Je suis en train de réviser mon jugement sur le film, en bien :ok:

On est pas dans un Chanbara classique (je ne connaissais pas le réalisateur et j'ai pas lu les commentaires, celui de ein aurait pu me mettre sur la piste lol)


C'est noir, très minimaliste (les rues mortes avec ces lanternes...) et je me rends compte que c'est maîtrisé de bout en bout. Par contre, les grosses phases de dialogues explicatifs, hérités du théâtre je pense, je suis moins fan. 


Finalement, tout ce que je prenais pour des artifices de mise en scènes superflus ou poseur, les ralentis, la répétition de certaines actions, les panoramiques au lieu du champ-contrechamp ou les scènes fantasmés par le héros sont majoritairement utiles. 

07/04/2020 22:27:39

Le jeu théâtrale m'avait un peu dérangé aussi au premier visionnage mais en le laissant mûrir dans mon esprit et en y repensant très souvent (car c'est un film qui hante) je me suis rendu compte que c'est ce qui faisait sa force.

Ça procure un sentiment d'étrangeté, un décalage, une impression que le film est en dehors du réel comme suspendu dans les ténèbres et l'obscurité constante renforce énormément ça, c'est de cette façon que j'aime percevoir le film.

08/04/2020 22:50:37

Le seul élément qui me pose toujours problème est le serviteur que je trouve excessivement bavard  :o)) 


Pour l'aspect théâtrale, le titre peut-être vu de deux manières selon moi :


-Dans la mythologie japonaise (il y a plusieurs interprétations mais je lui préfère celle-ci pour la correspondance avec le film) des fantômes de guerriers tombés au combat, avec son esprit vengeur/rageur qui subsiste.

-Dans la théâtre Nô (alors je sais que c'est tiré d'une pièce de Kabuki) c'est une catégorie de pièce avec pour personnages des esprits de guerriers tombés dans le royaume des morts après leur décès 


Dans le théâtre Nô les acteurs incarnent différents rôles à l'aide de masque divers (une centaine) et ils doivent se repérer uniquement à l'aide de leur habitudes et marques sur la scène : les trous pour les yeux étant minuscules ils ne voient pratiquement rien du tout.

Ce n'est pas pour rien si la séquence la plus théâtrale est celle où toute la bande se réunit pour piéger Kazuemon, ils jouent tous un rôle à ce moment précis, le masque est symbolique.

D'ailleurs, bon là je vais beaucoup plus loin mais dans le Nô, pour souffler un petit peu il y a des petits entractes (en tout cas c'est ce qui se faisait à l'époque, je sais pas si c'est encore le cas -je l'ai lu dans le manga Ikkyu :p - ) que l'on nomme Kyogen et qui ont une tonalité beaucoup plus humoristique : le cas aussi dans le film coupé plusieurs fois de cartons au titre assez sympathique :p


Ça fait longtemps que je l'ai maté celui-là, mais ça ne m'étonnerait pas qu'il y ait des détails indiquant que notre Samouraï soit bel et bien  

mort avant d'avoir pu participer à sa célèbre Vendetta

Il faudra que je le revoie à l'occasion.

Voila :hap:

Message édité
03/05/2021 22:19:40

C'est frustrant, j'ai bien aimé le film et ses partis pris (cet étirement de la scène de machination est juste génial) jusqu'à la scène de l'arrestation.


Puis j'ai complètement décroché après, le déroulement des évènements et le rebondissement final m'ont laissé complètement indifférent.  

C'est lourd, parce qu'après aussi il y a des moments tragiques très particuliers, mais je trouve ça clairement moins réussi que dans la plus grosse partie du film. 


A prendre avec recul, mais pour l'instant, c'est comme si trop de nihilisme tue le nihilisme. 

Toute la partie que j'aime pas, j'aurai préféré qu'une partie des enjeux se passent avant la scène d'arrestation et que le reste se conclue en 30 minutes, et que ça se conclue sur des séquences silencieuses comme le tout début. J'ai du mal digérer l'avalanche d'explication. (  Je n'ai absolument pas cru aux lamentations du samourai quand il se rend compte de ce qu'il a fait, alors que tout le reste est impeccable) )

Message édité
16/06/2024 21:02:08
Avis

Pandemonium fait partie de cette catégorie d'œuvres qui, par leur radicalité foncière, sont destinées à tout le moins à ne laisser personne indifférent. Jusqu'au boutiste tant dans sa forme que dans son propos noir d'encre, c'est peu dire que le film de Toshio Matsumoto offre une dépiction peu flatteuse de la nature humaine.

Les personnages de Pandemonium, davantage désincarnés et fantomatiques que véritables êtres de chair et de sang, ne semblent exister que par et pour l'appât du gain et dans l'unique but d'assouvir des pulsions de vengeance et de violence primaire. Si certains d'entre-deux, à commencer par le "héros", sont au départ motivés par l'Amour, l'irrémédiable corruption de leur esprit n'en sera que plus édifiante et spectaculaire.

Matsumoto met sa démonstration nihiliste en forme avec un mélange détonnant d'épure et de stylisation. Les décors se réduisent la plupart du temps à des intérieurs suffocants, rendus interchangeables par un noir et blanc contrasté qui isole les personnages dans le cadre à la manière d'un dispositif théâtral. Le métrage réserve à l'opposé de puissantes projections mentales, qui rappellent l'Impressionnisme dans leur visée de traduire graphiquement des états d'âme torturés via moultes surimpressions et ralentis.

Les emprunts très marqués au Kabuki prennent également tout leur sens dans l'infernal et incessant jeu de dupe auquel se livrent ces figures spectrales, qui revêtent et tombent les masques identitaires comme d'autres changent de chemise dans le but d'accomplir leurs piteux desseins. Sorte de gigantesque purgatoire cinématographique, œuvre limite sans concessions, Pandemonium s'impose comme l'un des incontournables de la nouvelle vague japonaise.
19/06/2024 00:19:23
Avis

J’en suis ressorti assez tétanisé. C’est un film radical, tant dans sa forme que dans son propos.

Toshio Matsumoto tire visiblement son inspiration du théâtre et minimise au maximum ses décors dans un geste qui semble presque préfigurer Dogville. Ce noir permanent a quelque chose d’absolument glaçant, on ne verra jamais la lumière de l’extérieur ni le ciel… Et oui ça colle merveilleusement à ce que le film raconte. Tout le travail visuel est absolument splendide, ça doit rentrer dans les plus belles photographies noir et blanc que j’ai pu voir, le film regorge de plans absolument vertigineux qui marquent la rétine. Le fait d’autant travailler les ombres rend chaque jet de lumière d’autant plus marquant, ça semble évident.

Et tout ce travail visuel est au service d’une ambiance absolument cauchemardesque. Le film commence par un rêve presque lynchien où Matsumoto multiplie les images traumatiques, joue sur la perceptions du temps en répétant des images ou les ralentissant. Et si ça met ensuite un peu de temps à démarrer, c’est pour mieux préparer le terrain et faire se refermer le piège de sa cruelle histoire sur le spectateur. C’est sans doute l’un des films les plus noirs et violents moralement que j’ai pu voir, le réalisateur semble vouloir y disséquer toute la pourriture de l’âme humaine et va parfois très loin dans sa volonté de montrer que notre espèce peut le pire à chaque instant. Difficile de trouver un personnage un tant soit peu sympathique dans cet océan d’égoïsme, de lâcheté, d’avarice, d’orgueil, de violence… A une exception près.

Il y a un jeu absolument passionnant sur les faux-semblants : aucun personnage n’est celui qu’il prétend être, le double jeu et le mensonge sont monnaie courante. Le réalisateur va jusqu’à intégrer cette idée dans sa mise en scène par le biais de scènes alternatives montrant une réalité fantasmée, ce qui renforce encore plus cette aura cauchemardesque, irréelle. Tout ça siedce qui sied à la fois à merveille à ce propos très nihiliste sur une nature humaine indigne de confiance et incapable d’authenticité, mais aussi sur le rapport même au théâtre puisque le film n’est qu’une gigantesque représentation.

Je suis encore sous le choc tant esthétique qu’émotionnel, c’est vraiment grandiose (et décidément le vieux cinéma japonais est le meilleur).
19/06/2024 03:59:25

Ca fait plaisir de voir des bons retours pour ce chef-d'œuvre jusqu'au-boutiste. 

19/06/2024 10:56:46

Un des plus grands chefs d'œuvre de la nouvelle vague japonaise clairement.