Grosse spirale mortelle et destructrice comme j'en ai rarement vu à cette époque.
On ne peut même pas parler de descente aux enfers puisque le personnage y est depuis le début. Peut être le seul véritable "humain" (avec son serviteur) dans un monde noirissime, un des noir et blanc les plus sombres qui soit, tout le film se passant uniquement la nuit (plan marquant au début, le soleil qui se couche et qui ne se lèvera plus), aux décors minimalistes, les plans extérieurs sont très rares et quand c'est le cas les rues sont complètement mortes et les rares forces de l'ordre sont représentés comme des spectres de l'ombre, que seules leur torche mettent en évidence.
Décors intérieurs majoritaires et très réduit, proche du théâtre, un des plans qui m'a particulièrement marqué parmi tant d'autres, lorsque une des victimes du ronin s'écroule face spectateur en faisant tomber avec lui la porte d'entrée de la maison, comme si le quatrième mur se brisait en pleine gueule du spectateur pour ne laisser apparaître qu'un samouraï exténué au bord de la folie, qui va contaminer les personnages qu'il va croiser et le spectateur lui même.
Mise en scène de génie, schizophrénique, basculant à de nombreuses reprise du cauchemar à la réalité, réalité encore plus douloureuse finalement... noir et blanc apocalyptique proche d'une mise en scène théatrale que l'on pouvait retrouver dans La Vengeance d'un acteur, en gros des lumières qui ne mettent en évidence qu'une partie du corps ou un seul personnage dans la cadre...
Et surtout violence exacerbée, douloureuse comme rarement, ralentis façon peckinpah, tout en silence comme dans du Baby cart premier du nom, finalement horrible mais souvent très esthétique avec cet hémoglobine qui s'étale au sol et sur les murs... avec des scènes qui... sont très très très osés... putain fallait le faire...
Joyaux noir dégoulinant de haine, émouvante et tragique, superbement construit au passage, à ne pas mettre entre toutes les mains!